novembre 2016

Le shiatsu, ça vous parle ? Non, ça ne ressemble pas à une boulette de riz surmontée d’un morceau de poisson cru et ça n’a rien à voir non plus avec une race de chien asiatique… Quand j’en ai parlé pour la première fois à certains praticiens avec qui je collabore en tant qu’infirmier anesthésiste, leur réponse fut la suivante : « Shiatsu ?... Mais il existe des médicaments pour ça jeune homme, si vous avez des troubles digestifs… ». Aussi, j’ai rapidement compris qu’il fallait d’abord faire mieux connaître cette discipline avant de pouvoir l’associer à l’approche médicale occidentale. Ainsi le shiatsu, technique manuelle de soin originaire du Japon, signifie littéralement « pression des doigts ». Elle est basée, comme l’acupuncture, sur les principes de la médecine chinoise traditionnelle (vieille de 3000 ans !) et consiste en un enchaînement de pressions rythmées exercées avec les mains, les doigts, les coudes ou les pieds, ainsi que des étirements et des mobilisations articulaires. Son objectif ? Assurer la libre circulation de l’énergie vitale (« Ki » en V.O.) qui jalonne le corps via des canaux appelés « keraku » (les méridiens) sur lesquels on agit en des points bien précis, les « Tsubo ». C’est un soin qui se pratique sur personne habillée, sans parole ni musique, dans la plus pure tradition nippone ! Une séance se déroule idéalement au sol sur un futon (matelas traditionnel), afin de favoriser le transfert de poids du praticien (appelé « shiatsu-shi ») vers la personne qui reçoit le soin sans utiliser sa force. Cette personne pourra être allongée sur le dos, le ventre ou assise selon les moments. A noter que le shiatsu peut également se pratiquer sur chaise adaptée, selon la contrainte de temps allouée au soin (séance alors plus brève). En pratique, les indications les plus courantes du shiatsu seront la gestion du stress, de l’anxiété, les douleurs aiguës ou chroniques (dorsalgies, douleurs articulaires), l’apaisement de symptômes comme les troubles digestifs, les troubles du sommeil, l’aide au sevrage dans les conduites addictives (tabagisme, troubles alimentaires), la baisse des effets secondaires de certains traitements (chimiothérapie), etc… La formation nécessaire au shiatsu-shi ? Toute personne qui prétend au titre de « spécialiste en shiatsu » délivré par le Syndicat des Professionnels de Shiatsu (S.P.S.) depuis 2015 (inscrit au registre des certifications professionnelles sous le code 330) doit suivre une formation de 514 heures réparties sur 4 ans et soumise à validation annuelle puis à un examen final théorique et pratique. Toutefois, à l’issue de la première année de formation, l’étudiant est habilité à pratiquer un shiatsu de relaxation (dit « shiatsu familial » au Japon), plus centré sur l’approche détente et bien-être du soin. En définitive, il faut être très clair sur le fait que le shiatsu n’a pas vocation à se substituer à la médecine allopathique classique, mais il constitue un allier intéressant qui fait de lui une approche complémentaire dans l’arsenal des moyens dont on dispose aujourd’hui pour prendre soin de l’Autre… Mikaël, infirmier anesthésiste au bloc de la Polyclinique Saint Jean - 06.64.79.65.60
J'adoooore les sushis ! Oui, mais est-ce très calorique ?  Le mot sushi vient de su "vinaigre", et shi "riz". Les sushis sont fabriqués majoritairement à base de riz japonais, de poisson cru et de vinaigre de riz mais aussi d’algues, de sel et de sucre. A cela, on ajoute pour l’assaisonnement le plus souvent de la sauce soja et/ou du wasabi. Analysons la valeur nutritionnelle de chacun de ces aliments :   Aliments  Valeurs nutritionnelles pour 100g d’aliment Analyse nutritionnelle Riz cuit 150 kcal Source de glucides complexes (=féculents) : apport d’énergie pour tout travail physique et intellectuel. Poisson    cru      - Saumon  - Thon  - Crevette  - Surimi 180 kcal  135 kcal  100 kcal  100 kca Source de protéines de haute qualité nutritionnelle qui permettent le renouvellement du tissu musculaire ; Source d’omégas 3, bons pour le fonctionnement du système cardio-vasculaire.   Vinaigre de riz  30 kcal Assaisonnement composé de sel et de sucre. Algues : Feuille de nori    35 kcal   Source de protéines végétales ; Richesse en fibres, vitamines et minéraux.   Sauce soja 45 kcal Attention teneur en sodium très élevée : 6260 mg soit 15.65g de sel !!! Contient également 6g de sucre/100 ml Wasabi 110 kcal Condiment japonais obtenu à partir de la racine de la plante wasabi transformée en pâte verte. C’est l’équivalent de notre moutarde occidentale. Une petite quantité suffit. Source de fibres, antioxydants, minéraux et vitamines.   En fonction des sushi, on peut retrouver différents ingrédients comme l’avocat, le concombre, le fromage à tartiner, mais aussi de l’huile de tournesol, de la mayonnaise, des oignons frits et des additifs… L’apport calorique d’un sushi va donc dépendre de plusieurs paramètres : ingrédients présents,  taille du sushi et poisson utilisé (le saumon et le thon sont plus riches que la crevette ou le surimi par exemple). En moyenne, il faut compter environ 50 kcal pour un sushi soit 300 kcal pour 6 sushis. Mais attention car le plus souvent, les restaurants japonais en vogue proposent des menus à volonté et une assiette est composée de 24 sushis soit 1200 kcal par plat. Et si vous en redemandez, il faut alors compter 2400 kcal, ce qui représente quasiment la totalité des besoins énergétiques quotidiens d’un individu bien-portant (Besoins nutritionnels moyens quotidiens pour la femme 2180 kcal et pour l’homme 2730 kcal). D’un point de vue nutritionnel, les sushis ont une densité nutritionnelle intéressante de par leur apport en féculents, en protéines d’origine animale et en oméga 3 mais attention leur teneur en sucre et en sel est non négligeable, surtout si vous les aimez assaisonnés de sauce soja. Afin de les intégrer dans le cadre d’une alimentation équilibrée, il conviendra donc de ne pas être trop gourmand en maîtrisant la quantité des sushis ingérés et de les accompagner d’une portion de légume, puis d’un produit laitier et d’un fruit frais. Bon appétit ! 
Ce mois-ci, le sevrage tabagique est mis à l’honneur : pourquoi ? Parce que le tabac tue, il entraine jusqu’à 73 000 décès par an en France (1ère cause de décès évitable), et qu’en parler est déjà un pas vers l’arrêt. Le plus toxique dans une cigarette n’est pas la nicotine qui est responsable de l’addiction, mais la combustion avec l’inhalation de monoxyde de carbone, de goudrons, ainsi que les nitrosamines et certains métaux lourds (cadmium, polonium 210, mercure, plomb). La feuille de tabac n’est pas facile à cultiver et nécessite après séchage un traitement particulier : c’est pourquoi, on y trouve des insecticides, des fertilisants, des solvants et des détergents. Et je ne vous parlerai pas des agents de texture, des agents de sapidité et des conservateurs … Fumer n’est pas avoir un comportement écologique !  Les risques liés au tabac sont multiples.  Tout d’abord, de part l’inhalation de la fumée, les conséquences sont ORL (dysplasie, cancer, rhinite chronique, inflammation des cordes vocales, perte du goût et de l’odorat) mais aussi broncho-pulmonaires (cancer bronchique, broncho-pneumopathie chronique obstructive, emphysème pulmonaire, insuffisance respiratoire).  Ensuite, fumer augmente le risque de pathologies cardiovasculaires : l’infarctus du myocarde, mais aussi l’hypertension artérielle, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, les accidents vasculaires cérébraux. Les mécanismes sont multiples : atteinte de la vasomotricité des artères avec spasme, augmentation de la viscosité sanguine et de l’agrégation plaquettaire mais aussi augmentation de l’inflammation avec déstabilisation des plaques d’athérome.  Enfin tous les organes sont touchés : l’appareil digestif (cancer de l’œsophage, gastrite, cancer de l’estomac, cancer du pancréas …) l’appareil urinaire (cancer du rein, cancer de la vessie), la peau et les phanères (ongles cassants, cheveux ternes), la vision (DMLA)… le risque de stérilité est plus important chez les fumeurs. Et encore, la liste n’est pas exhaustive.  En tout cas, le fumeur sait que la cigarette n’est pas bonne pour sa santé, et malgré tout, il ne peut s’empêcher d’en griller une, parce que la nicotine entraîne une addiction qui est bien plus importante que le cannabis et d’autres drogues. Arrêter de fumer : ce n’est pas facile.  Alors comment faire pour arrêter ?  Tout d’abord, il faut être motivé et souvent il faut un petit coup de pouce : se faire « coacher » et trouver une substitution qui permettra à court, moyen ou long terme un sevrage tabagique complet. La thérapie cognitivo-comportementale permet de donner au patient les outils pour se sevrer et ne pas rechuter : l’addiction entraine une dépendance psychique et comportementale qui persiste des dizaines d’années après l’arrêt. Le tabacologue va ainsi informer, conseiller, écouter et orienter le patient. Il peut aussi lui prescrire des substituts nicotiniques en les associant si nécessaire (patchs, comprimés à sucer, gommes, inhaleurs), substituts qui sont remboursés sur ordonnance à hauteur de 150 euros/an/patient depuis le 1er novembre 2016. Il ne faut pas oublier que la cigarette électronique peut être une alternative à une aide au sevrage en diminuant progressivement la concentration en nicotine des cartouches (16-18 ng/mL à 6-8 ng/mL).  Enfin la prévention a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années avec l’interdiction de fumer dans certains lieux collectifs mais aussi avec l’obligation pour les cigarettiers de se confronter au conditionnement neutre à partir de janvier 2017.  Au final, beaucoup de progrès ont été faits, en particulier pour le tabagisme passif mais il est évident que nos patients vont subir encore pendant de nombreuses années les conséquences de cette industrie.   Docteur Sabine Marco Roucayrol, onco-pneumologue au Pôle Santé Saint Jean 
Movember est un mouvement né en Australie en 2003. Son nom vient de la contraction de Moustache et November. Deux amis, Travis Garone et Luke Slattery, décident de lancer un appel aux dons pour la recherche contre le cancer de la prostate. Pour les sensibiliser,  ils proposent aux donateurs de laisser pousser leur moustache un mois durant, afin de créer un dialogue autour de la santé masculine. Nos deux compères avaient constaté qu’en moyenne en Australie : les hommes meurent six ans plus jeunes que les femmes.  D’après l’Institut National du Cancer, en 2016, en France, le cancer de prostate se situe au premier rang des cancers chez l’homme, nettement devant les cancers du poumon et du rectum. Aujourd'hui, on déplore 53465 nouveaux cas par an en France, dont 8000 à 9000 décès par cancer de prostate. Dans le monde, son incidence est proche de 100 pour 100 000.    La moustache, prétexte au dialogue Les hommes arborant la moustache pendant November sont appelé les Mo Bros (contraction de mo et brother). Ils sensibilisent leurs proches au dépistage du cancer de prostate, et incitent à faire des dons à la fondation November. Dans les pays anglos saxons, la gestion de la moustache fait appel à un rituel bien précis. Il ne faut pas se raser les jours précédents Novembre et ensuite laisser juste un petit duvet au niveau de la lèvre supérieure façon années 30 ou Charleston. Cette moustache, fournie façon hipster, a été conçue et réfléchie pour être volontairement démodée ! Selon les régions la taille de la moustache peut être l’occasion d’événements festifs notamment en Irlande et en France ou de nombreux barbiers proposent une taille gratuite de votre nouvel attribut masculin.   Que dire à vos proches concernant le Dépistage ? Le cancer de la prostate est devenu le cancer le plus fréquent et la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme. Ce problème de santé publique devient de plus en plus important du fait de l'augmentation de la durée de vie.  Actuellement, 1 homme sur 8 a un risque de découverte d'un cancer de la prostate au cours de sa vie.  Le cancer de la prostate représente 25 % de l'ensemble des nouveaux cas de cancers masculins. Le dépistage du cancer de la prostate a pour objectif la détection du cancer prostatique à un stade précoce et asymptomatique. Il peut avoir lieu chez le médecin traitant ou chez un urologue. L'Association Française d'Urologie recommande le dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA (Antigène Prostatique Spécifique) et un toucher rectal tous les ans entre 50 et 75 ans. S'il existe un risque familial ou ethnique, le dépistage régulier est nécessaire dès 45 ans. Le toucher rectal est obligatoire, il ne faut pas se baser uniquement sur le PSA car certains cancers de prostate n’en sécrètent pas. Si le PSA total est au-dessus de la valeur normale du test ou si le toucher rectal est anormal, consultez un urologue. Plus le diagnostic du cancer est fait tôt, plus les chances de guérison du patient sont élevées. Aucun dépistage de masse du cancer de la prostate n’est organisé par les autorités sanitaires. Le dépistage est individuel, ce qui signifie que le patient et son médecin doivent en avoir l’initiative. Aujourd’hui, beaucoup d’idées reçues convergent autour du cancer de la prostate, mais gardez à l’esprit que pris à temps, il n’affectera en rien votre durée et qualité de vie. Une mission : convaincre vos proches concernés à venir consulter, et.. à vos moustaches !!! Frédéric OBADIA, Chirurgien urologue  Pôle Antibes Saint Jean