novembre 2017

Noël approche à grands pas et les enfants commencent à faire leur liste de cadeaux au Père Noël… De nombreux enfants vont demander des jeux électroniques type : tablettes, ordinateurs, smartphones… En effet les écrans sont partout et présents de plus en plus tôt dans l’environnement de nos enfants.  La culture numérique ne doit pas être décriée, mais il est important d’accompagner les parents et les enfants afin éviter les effets nocifs de l’utilisation abusive des écrans. Il convient donc de respecter certaines règles de prévention, notamment la règle des « 3-6-9-12 » de Monsieur Serge Tisseron et d’essayer de trouver des alternatives à certains cadeaux de Noël… Les tablettes Il est essentiel pour un enfant de moins de 3 ans d’interagir avec son environnement pour son développement personnel et l’acquisition des repères spatio-temporels (toucher, manipuler..). Dans cette tranche d’âge il est important de privilégier les livres et les jouets traditionnels. Les tablettes ne sont pas indispensables au développement de l’enfant, et il ne prendra aucun retard sur ses camarades s’il n’en possède pas.  Si l’enfant est extrêmement demandeur, il est toutefois possible de faire une initiation vers 2 ans ½ tout en l’accompagnant, en privilégiant les jeux interactifs en famille et en évitant de laisser l’enfant seul devant l’écran. Entre 3 et 6 ans, l’utilisation des tablettes doit être ludique et limitée, elle peut être intégrée dans les apprentissages mais ne doit pas être omniprésente dans l’environnement de l’enfant. Il est important de respecter quelques règles concernant l’utilisation des tablettes : sur des périodes courtes, jamais pendant le repas ou avant de dormir, accompagné d’un adulte, et utilisation de logiciel adapté. La télévision  Concernant la télévision, il n’existe pas de programme réellement adapté pour les enfants de moins de 3 ans. Des études ont montré que la télévision dans cette tranche d’âge pouvait nuire aux apprentissages. À partir de 3 ans un enfant peut regarder la télévision en respectant des règles claires sur la durée limitée et le respect des âges pour les programmes. Il est préférable de favoriser les programmes mettant en valeur l’entraide et la solidarité. Il faut par contre être vigilant et ne pas mettre un enfant devant la télévision au moment du journal télévisé (sources de confrontations et contenus inappropriés) et faire attention à l’exposition aux images publicitaires. Il est déconseillé de mettre la télévision dans la chambre d’un enfant, de même l’endormissement devant la télé est à éviter. Les jeux vidéos  Entre 3 et 6 ans l’enfant a besoin d’explorer son environnement (motricité, langage…). Les jeux vidéo ont un pouvoir très attractif, parfois aux détriments d’autres activités. Ils peuvent néanmoins être utilisés comme support occasionnel pour certains apprentissages. Entre 6 et 9 ans, l’utilisation des jeux vidéo doit être maîtrisée, dans un temps limité, et  adaptée à l’âge. Il vaut mieux privilégier les jeux de stratégies et cela de façon accompagnée. À partir de 9 ans il faut être vigilant aux jeux en réseau, sur leur contenu et les interactions avec les autres joueurs.  Au-delà de 12 ans les jeux en réseau peuvent permettre la découverte du travail en équipe et de la coopération. Les jeux vidéos ont un pouvoir attractifs important, il existe parfois une réelle dépendance, la chute des résultats scolaires peut être un signe d’alerte. Ordinateurs, internet  Internet expose aux risques de confrontations  de l’enfant à des images violentes, voire hyper-violentes. Il faut souligner l’importance d’accompagner l’enfant pour apprendre à se protéger et à protéger ses échanges.  Il faut éviter les réseaux sociaux chez les moins de 12 ans qui peuvent avoir des conséquences néfastes chez des enfants ayant une fragilité psychologique. Téléphone portable  Il faut là aussi fixer certaines règles d’utilisation, notamment le soir au coucher car ils peuvent engendrer de réels problèmes de sommeil.   En conclusion, la règle « 3-6-9-12 » permet de donner une ligne de conduite aux parents qui sont parfois démunis dans cette éducation aux écrans face à des enfants qui sont demandeurs et adeptes du plus en plus tôt : pas d’écran avant 3 ans, pas de console de jeu personnelle avant 6 ans, pas d’internet accompagné avant 9 ans pas d’internet seul avant 12 ans Il est nécessaire d'accompagner l’enfant, lui apprendre à s’auto-protéger et à s’auto-diriger,  maintenir une communication familiale et être vigilant sur le temps cumulé sur les écrans (tablettes, ordinateur, téléphone…). Ce que perçoit l’adulte, ne correspond pas forcément à ce que voit l’enfant. Encouragez l’enfant à regarder moins, mieux définir les programmes qu’il désire, apprendre à choisir. Il doit être un « spectateur actif ». Préservez des temps familiaux, ne mangez pas devant la télévision, prenez le temps pour jouer à des jeux de société en famille, lire des livres, faire des activités en extérieur. Les écrans sollicitent la curiosité et peuvent être des outils d’apprentissage, il existe par ailleurs une utilisation pédagogique à l’école. Il est donc indispensable de favoriser un usage intelligent des écrans dans cette période de révolution numérique. Les parents doivent également se remettre en question sur leur propre utilisation des ces technologies, afin de prendre un recul suffisant pour leur enfant. Dr Romina Costanzia Taulelle, pédiatre au Pôle Santé Saint Jean    Références : « Communiqué de presse de l’AFPA, septembre 2016 », « 3-6-9-12 » et au-delà, Serge Tisseron « pédiatrie ambulatoire », progrès en pédiatrie, DOIN, 2014
La broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO est une pathologie respiratoire peu connue du public, et pourtant elle touche plus de 3,5 millions de personnes en France et entraine au moins 18 000 décès par an. Cette maladie se situera au 5ème rang mondial des causes de décès en 2030. Son coût sur la société est considérable car elle entraine 130 000 à 150 000 hospitalisations en France par an.   Mais qu’est-ce que la BPCO ? C’est une inflammation chronique des bronches qui entraine une diminution du calibre de celle-ci et une hypersécrétion. Les symptômes les plus fréquents sont l’essoufflement (d’abord à l’effort puis au repos), les bronchites à répétition avec une toux et des crachats parfois purulents.   Quelles sont les causes ? Le principal coupable : le tabagisme. Alors que la population était plutôt masculine et âgée de plus de 40 ans, à cause du tabagisme grandissant chez la femme, l’écart diminue. D’ailleurs il n’y a pas d’égalité entre les 2 sexes : chez la femme, les symptômes sont plus handicapants, le déclin de la fonction respiratoire plus important et on note plus d’hospitalisations.   Comment soigner la BPCO ? Heureusement, une prise en charge précoce permet de ralentir la progresssion de la BPCO. Le sevrage tabagique est la base de la prise en charge : sans un arrêt de la cigarette, les traitements inhalés sont moins efficaces et l’état respiratoire se dégrade. L’arsenal thérapeutique est très varié : il existe plusieurs inhalateurs différents. Ces traitements ressemblent aux traitements de l’asthme, certains sont utilisés dans les 2 maladies : ils contiennent surtout des poudres qui vont dilater les bronches et parfois de la cortisone qui va diminuer l’inflammation bronchique. La poursuite d’une activité physique est très importante aussi. Parfois, lorsque le patient en a besoin, une réhabilitation respiratoire peut être proposée : il s’agit entre autre d’une prise en charge par les kinésithérapeutes sur tapis de marche ou vélo ergonomique. Cette maladie peut évoluer progressivement vers une insuffisance respiratoire, le médecin prescrit alors de l’oxygène au repos à la maison et à l’effort lorsqu’il sort.   Bien sûr ne jamais fumer ou ne jamais subir le tabagisme de l’entourage familial éviterait d’être atteint de BPCO. Donc si vous êtes plus essoufflés lors des efforts ou que vous faites souvent des bronchites  et que vous avez été exposés au tabagisme (directement ou passivement) : consulter votre médecin.   Dr Sabime Marco-Roucayrol, pneumologue, allergologue au Pôle Santé Saint Jean