neurologie

À quoi est due la Maladie D'Alzheimer ?   Des lésions cérébrales peuvent apparaître plusieurs années avant la survenue des symptômes. Les mécanismes de la maladie ne sont pas complètement élucidés mais on peut trouver des dépôts de "plaques amyloïdes" et de protéines "tau" anormales dans certaines structures cérébrales du réseau de la mémoire. Les hippocampes sont les structures cérébrales atteintes en premier par la maladie d'Alzheimer. Elles entrainent des troubles de la mémoire dite antérogrades (sur des faits postérieurs). Ainsi le sujet a des difficultés à se rappeler d'apprentissages ou d'événements récents. À contrario, la mémoire des faits anciens est préservée. Plus tardivement apparaît : Un déficit de la programmation gestuelle à l'origine de difficultés dans les gestes du quotidien (préparer un repas, faire ses lacets, utiliser un téléphone...). L'orientation est altérée. Le patient peut avoir des troubles du langage avec un manque de mots, mais n’en a souvent pas conscience. La maladie d'Alzheimer est-elle héréditaire ?   Les causes génétiques de la maladie d'Alzheimer sont très rares. On peut se poser la question d'une cause génétique lorsque les troubles surviennent autour de 40 ans.   Existe-t-il des traitements efficaces pour traiter la maladie d'Alzheimer ?   Certains médicaments permettent de ralentir la progression de la maladie mais aucun ne permet de la stopper.  Les pratiques non-médicamenteuses (orthophoniste, ergothérapeute, ateliers mémoire, activités physiques et sociales...) sont également indispensables pour ralentir l'évolution des troubles et maintenir une meilleure qualité de vie pour le patient.   Comment décèle-t-on, la maladie d'Alzheimer ?   À un stade précoce, détecter la maladie d’Alzheimer peut être difficile et plusieurs consultations sont souvent nécessaires pour porter le diagnostic.  Il convient de réaliser : un examen clinique neurologique, une prise de sang pour éliminer les causes soignables de troubles de mémoire, une imagerie du cerveau (habituellement une IRM), des tests de mémoire (Bilan neuropsychologique). Parfois, on fera appel à des examens plus poussés de type ponction lombaire et imagerie métabolique du cerveau.  Dr Muriel Laffon, Neurologue au Pôle Santé Saint Jean. 
Connaissez-vous le syndrome des jambes sans repos (SJSR) ? Est-ce un mythe ou une réalité ? Fréquent (au moins 2% de la population) et parfois invalidant, l’existence même du syndrome des jambes sans repos est contesté par certains probablement par méconnaissance. Sa description est pourtant ancienne. Au XVIIème siècle le médecin anglais Thomas Willis parle de « secousses et contractions si intenses que les personnes en souffrant n’étaient plus capable de dormir que si elles se trouvaient dans une chambre de torture ». Le médecin Scandinave Karl Axel Ekbom au XXème siècle en fait une description clinique plus fine et son nom sera d’ailleurs associé à cette affection. Les progrès scientifiques de ces dernières années ne font plus aucun doute sur l’existence de cette maladie en ayant souligné son lien avec le métabolisme du fer et de la dopamine. Des gènes de susceptibilité ont également été mis en évidence expliquant le caractère parfois familial de la maladie.   Quand penser à un syndrome des jambes sans repos ? 4 critères sont généralement requis : Les « impatiences » qui se définissent par un besoin impérieux de bouger les membres souvent associé à des sensations d’inconfort et sensations désagréables. Apparition ou aggravation par le repos (essentiellement en position allongée ou assise) Soulagement ou rémission lors des mouvements (marche, étirement, activité intellectuelle soutenue) Apparition ou nette aggravation des symptômes le soir ou la nuit. Selon la sévérité, les symptômes peuvent être à l’origine d’un sommeil non réparateur avec pour conséquence le lendemain fatigue et somnolence soit en réduisant la quantité de sommeil (retard à l’endormissement en raison de la gêne) soit en altérant la qualité du sommeil en raison de micro-éveil induit par des secousses musculaires appelés mouvements périodiques de jambe dont le patient n’a pas conscience. Est-il nécessaire de faire des examens pour confirmer le diagnostic ? La plupart du temps une simple consultation avec un neurologue est suffisante pour confirmer le diagnostic et pour écarter les autres causes de douleurs dans les jambes (problème de circulation veineuse, sciatique, obstruction des artères, douleurs musculaires etc…). Un bilan biologique est souvent réalisé à la recherche d’une carence en fer qui est connu pour déclencher ou aggraver certain Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR). Dans certaines situations, un examen appelé électromyogramme est réalisé pour étudier le fonctionnement des nerfs et des muscles à la recherche d’une neuropathie qui peut occasionner des douleurs ressemblant à celles du SJSR. Dans de rares situations, en cas d’échec des traitements ou de doute sur le diagnostic, un examen du sommeil appelé polysomnographie peut être proposé. Cette examen comporte un enregistrement de l’activité  musculaire des jambes et recherche des secousses périodiques des jambes durant le sommeil dont la présence permet souvent de valider le diagnostic.   Je pense avoir un SJSR. Suis-je obligé de prendre un traitement ? Cela dépend de la sévérité des symptômes et de leur fréquence. La première étape consiste à supprimer les facteurs favorisants. Nous avons déjà évoqué la correction de la carence en fer. Il faut également repérer sur l’ordonnance du patient les médicaments susceptibles d’aggraver le SJSR. Des médicaments contre l’hypertension, contre les allergies comme les antihistaminiques ainsi que certains antidépresseurs et neuroleptiques peuvent être impliqués. Il faut également limiter les excitants et la consommation d’alcool. Certains « petits moyens » peuvent être utilisés comme le refroidissement des jambes ou la contention des mollets par des chaussettes spéciales. Quand ces mesures sont insuffisantes, plusieurs traitements médicamenteux sont disponibles et l’avis d’un neurologue expérimenté sur cette pathologie est alors nécessaire.   Je prends pour mon SJSR un traitement contre la maladie de Parkinson. Suis-je à risque de développer cette maladie ? Non, le seul point commun entre maladie de Parkinson et SJSR est la prescription de médicament à base de dopamine. Dans le SJSR il n’y a pas de destruction des neurones à Dopamine et donc pas plus de risque que chez le reste de la population de développer dans l’avenir une maladie de Parkinson.   Dr Mael Launay, neurologue et spécialiste du sommeil au Pôle Santé Saint Jean
Qu’est ce que l’épilepsie ? L’épilepsie correspond à un mauvais fonctionnement de certains neurones. On pourrait la comparer à un court circuit qui survient dans une zone plus ou moins étendue du cerveau. Qui peut être touché par une épilepsie ? C’est dans la première année de vie et chez le sujet de plus de 65 à 70 ans que l’incidence de survenue est la plus élevée. L’épilepsie peut cependant débuter à n’importe quel âge de la vie, les causes étant différentes selon l’âge. J’ai fais une crise d’épilepsie, suis-je épileptique ? Une crise d’épilepsie est due à une sorte de court circuit intracérébral. Celui ci peut être la conséquence d’une agression cérébrale secondaire à une infection, un trouble de l’équilibre ionique, un accident vasculaire... En traitant le problème aiguë, il existe de bonnes chances que les crises ne se reproduisent pas. Il faut cependant, parfois maintenir un traitement pendant quelques mois. Je suis épileptique, puis je conduire une voiture ? La législation impose que les patients épileptiques soient évalués par un médecin de la commission du permis de conduire pour déterminer l' aptitude à la conduite. Certains types d’épilepsies ne présentent pas de contre indication à la conduite, d’autres l’interdisent formellement. C’est l’équilibre de votre maladie sous traitement qui permettra de juger de votre capacité à conduire.  Dr Laffon, Neurologue, spécialiste en Epileptologie-EEG