tabac

La broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO est une pathologie respiratoire peu connue du public, et pourtant elle touche plus de 3,5 millions de personnes en France et entraine au moins 18 000 décès par an. Cette maladie se situera au 5ème rang mondial des causes de décès en 2030. Son coût sur la société est considérable car elle entraine 130 000 à 150 000 hospitalisations en France par an.   Mais qu’est-ce que la BPCO ? C’est une inflammation chronique des bronches qui entraine une diminution du calibre de celle-ci et une hypersécrétion. Les symptômes les plus fréquents sont l’essoufflement (d’abord à l’effort puis au repos), les bronchites à répétition avec une toux et des crachats parfois purulents.   Quelles sont les causes ? Le principal coupable : le tabagisme. Alors que la population était plutôt masculine et âgée de plus de 40 ans, à cause du tabagisme grandissant chez la femme, l’écart diminue. D’ailleurs il n’y a pas d’égalité entre les 2 sexes : chez la femme, les symptômes sont plus handicapants, le déclin de la fonction respiratoire plus important et on note plus d’hospitalisations.   Comment soigner la BPCO ? Heureusement, une prise en charge précoce permet de ralentir la progresssion de la BPCO. Le sevrage tabagique est la base de la prise en charge : sans un arrêt de la cigarette, les traitements inhalés sont moins efficaces et l’état respiratoire se dégrade. L’arsenal thérapeutique est très varié : il existe plusieurs inhalateurs différents. Ces traitements ressemblent aux traitements de l’asthme, certains sont utilisés dans les 2 maladies : ils contiennent surtout des poudres qui vont dilater les bronches et parfois de la cortisone qui va diminuer l’inflammation bronchique. La poursuite d’une activité physique est très importante aussi. Parfois, lorsque le patient en a besoin, une réhabilitation respiratoire peut être proposée : il s’agit entre autre d’une prise en charge par les kinésithérapeutes sur tapis de marche ou vélo ergonomique. Cette maladie peut évoluer progressivement vers une insuffisance respiratoire, le médecin prescrit alors de l’oxygène au repos à la maison et à l’effort lorsqu’il sort.   Bien sûr ne jamais fumer ou ne jamais subir le tabagisme de l’entourage familial éviterait d’être atteint de BPCO. Donc si vous êtes plus essoufflés lors des efforts ou que vous faites souvent des bronchites  et que vous avez été exposés au tabagisme (directement ou passivement) : consulter votre médecin.   Dr Sabime Marco-Roucayrol, pneumologue, allergologue au Pôle Santé Saint Jean 
Le 31 mai 2017, c’est la journée mondiale sans tabac. Une journée de prévention pour parler des dégâts que provoquent le tabagisme actif et le tabagisme passif. En effet,  on compte chaque année plus de 70 000 décès en France liés à la cigarette. Chez la femme, ce chiffre est en augmentation : il est passé de 8 000 à 13 000 entre 2000 et 2013. Cette triste progression est en partie liée à l’augmentation de la consommation tabagique chez la femme même si elle se stabilise : 24,3% des femmes fumaient régulièrement en 2014. Des chiffres édifiants.  Tout comme chez l’homme, la cigarette augmente le risque de :  cancer du poumon (x 12), des voies aériennes supérieures comme le larynx (x 6), le cancer de la vessie (x 2,4), du pancréas (x 2,2), mais aussi le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus en particulier en cas de contraception oestro-progestative. Le risque pour une femme fumeuse de mourir d’un infarctus du myocarde est plus élevé que chez l’homme après 45 ans. Idem pour le risque de décès par accident vasculaire ischémique (AVC). Il n’y a pas d’égalité face au tabac… Le risque cardio-vasculaire augmente significativement en cas de contraception oestro-progestative après 35 ans : la pilule est alors contre-indiquée. De plus il vaut mieux éviter les pilules micro-progestatives en cas de diabète, d’hypertension artérielle ou d’obésité pour les mêmes raisons. Fumer pendant la grossesse : Attention danger  La grossesse chez la femme tabagique est plus difficile : le délai de conception s’allonge, le risque de fausse-couche ou de grossesse extra-utérine augmente et on note plus de morts fœtales in-utero, sans mentionner les conséquences chez l’enfant (otites, pharyngites, bronchite et pneumopathie) : il faut donc absolument arrêter de fumer dès que l’on envisage de tomber enceinte ! Bien sûr les moyens d’aide au sevrage sont limités mais des efforts sont faits pour améliorer l’accès aux substituts nicotiniques : le remboursement a été augmenté à 150 euros par an. La motivation du fumeur et de bons conseils par votre médecin traitant ou votre pneumologue sont essentiels à la réussite d’un sevrage tabagique.
Le tabac est la 1ère cause de mortalité évitable en France. La lutte contre le tabagisme est une priorité de santé publique.  Toutes les mamans et futures mamans le savent : fumer pendant la grossesse est « mauvais » pour la santé de l’enfant à naitre. Les statistiques nous montrent que 80% des fumeuses arrivent à arrêter de fumer en début de grossesse. Il nait pour ces femmes une réelle prise de conscience du danger du tabac pour elle et pour leur bébé. La grossesse est vue par ces dernières comme une opportunité à ne pas rater pour arrêter de fumer. 1 femme sur 5 continue malgré tout à fumer pendant la grossesse, pour la plupart en réduisant le nombre des cigarettes fumées. Ces femmes ont besoin d’un accompagnement spécialisé et personnalisé afin d’arrêter totalement. C’est une erreur de croire qu’il est préférable de s’autoriser quelques cigarettes par jour, plutôt que de risquer d’être stressé par l’arrêt total du tabac. Les conséquences sur la grossesse et sur le fœtus sont élevées et le rôle de prévention des professionnels de santé de 1er recours (Obstétriciens, généralistes et sages-femmes) est fondamental pour ces mamans. Les bénéfices de l’arrêt du tabac sont importants à la fois pour l’enfant et la maman. L’objectif n’est pas de culpabiliser les futures mamans mais de les informer. Les conséquences du tabac pendant la grossesse peuvent être les suivantes : Grossesse extra-utérine Fausses couches spontanées Saignement vaginal Mauvaise position du placenta, décollement prématuré du placenta, hématome rétro  placentaire Rupture prématurée des membranes et accouchement prématuré Retard de croissance in utéro avec un poids de naissance moyen plus faible du bébé (les enfants nés de fumeuses pèsent 200 grammes de moins que les enfants nés de non fumeuses) Augmentation des complications à l'accouchement pour le bébé et pour la maman Augmentation du risque du Syndrome Mort Subite du Nourrisson (multiplié par 3) Diminution de production de lait maternel Quelles méthodes pour vous aider à arrêter de fumer ? Il n’est jamais trop tard pour décider d’arrêter de fumer et plusieurs méthodes s’offrent à vous : traitements nicotiniques substitutifs, entretien motivationnel, hypnose, acupuncture.  Arrêter le tabac est possible pour chacune d’entre vous, avec un encadrement personnalisé. N’attendez plus pour en parler à votre médecin ou sage-femme.
Ce mois-ci, le sevrage tabagique est mis à l’honneur : pourquoi ? Parce que le tabac tue, il entraine jusqu’à 73 000 décès par an en France (1ère cause de décès évitable), et qu’en parler est déjà un pas vers l’arrêt. Le plus toxique dans une cigarette n’est pas la nicotine qui est responsable de l’addiction, mais la combustion avec l’inhalation de monoxyde de carbone, de goudrons, ainsi que les nitrosamines et certains métaux lourds (cadmium, polonium 210, mercure, plomb). La feuille de tabac n’est pas facile à cultiver et nécessite après séchage un traitement particulier : c’est pourquoi, on y trouve des insecticides, des fertilisants, des solvants et des détergents. Et je ne vous parlerai pas des agents de texture, des agents de sapidité et des conservateurs … Fumer n’est pas avoir un comportement écologique !  Les risques liés au tabac sont multiples.  Tout d’abord, de part l’inhalation de la fumée, les conséquences sont ORL (dysplasie, cancer, rhinite chronique, inflammation des cordes vocales, perte du goût et de l’odorat) mais aussi broncho-pulmonaires (cancer bronchique, broncho-pneumopathie chronique obstructive, emphysème pulmonaire, insuffisance respiratoire).  Ensuite, fumer augmente le risque de pathologies cardiovasculaires : l’infarctus du myocarde, mais aussi l’hypertension artérielle, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, les accidents vasculaires cérébraux. Les mécanismes sont multiples : atteinte de la vasomotricité des artères avec spasme, augmentation de la viscosité sanguine et de l’agrégation plaquettaire mais aussi augmentation de l’inflammation avec déstabilisation des plaques d’athérome.  Enfin tous les organes sont touchés : l’appareil digestif (cancer de l’œsophage, gastrite, cancer de l’estomac, cancer du pancréas …) l’appareil urinaire (cancer du rein, cancer de la vessie), la peau et les phanères (ongles cassants, cheveux ternes), la vision (DMLA)… le risque de stérilité est plus important chez les fumeurs. Et encore, la liste n’est pas exhaustive.  En tout cas, le fumeur sait que la cigarette n’est pas bonne pour sa santé, et malgré tout, il ne peut s’empêcher d’en griller une, parce que la nicotine entraîne une addiction qui est bien plus importante que le cannabis et d’autres drogues. Arrêter de fumer : ce n’est pas facile.  Alors comment faire pour arrêter ?  Tout d’abord, il faut être motivé et souvent il faut un petit coup de pouce : se faire « coacher » et trouver une substitution qui permettra à court, moyen ou long terme un sevrage tabagique complet. La thérapie cognitivo-comportementale permet de donner au patient les outils pour se sevrer et ne pas rechuter : l’addiction entraine une dépendance psychique et comportementale qui persiste des dizaines d’années après l’arrêt. Le tabacologue va ainsi informer, conseiller, écouter et orienter le patient. Il peut aussi lui prescrire des substituts nicotiniques en les associant si nécessaire (patchs, comprimés à sucer, gommes, inhaleurs), substituts qui sont remboursés sur ordonnance à hauteur de 150 euros/an/patient depuis le 1er novembre 2016. Il ne faut pas oublier que la cigarette électronique peut être une alternative à une aide au sevrage en diminuant progressivement la concentration en nicotine des cartouches (16-18 ng/mL à 6-8 ng/mL).  Enfin la prévention a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années avec l’interdiction de fumer dans certains lieux collectifs mais aussi avec l’obligation pour les cigarettiers de se confronter au conditionnement neutre à partir de janvier 2017.  Au final, beaucoup de progrès ont été faits, en particulier pour le tabagisme passif mais il est évident que nos patients vont subir encore pendant de nombreuses années les conséquences de cette industrie.   Docteur Sabine Marco Roucayrol, onco-pneumologue au Pôle Santé Saint Jean